AES-Sénégal : La grosse désillusion ?

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L’élection des leaders des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef) à la tête de leur pays il y a quelques semaines a suscité de l’admiration, et aussi de l’espoir de la part des peuples de l’AES qui croyaient déjà avoir trouvé un allié de taille dans leur lutte de libération.

Lorsqu’ils étaient dans l’opposition, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko se sont positionnés comme des militants panafricains au service de la lutte contre l’impérialisme, notamment le néocolonialisme occidentale incarnée surtout par la France à travers le F CFA et d’autres mécanismes; les bases militaires en l’occurrence.

Mais, alors qu’il voulait sortir son pays du F CFA, quelques jours avant l’élection présidentielle, lors de la campagne électorale, Ousmane Sonko et son mentor ont fait savoir qu’ils œuvreraient plutôt pour des réformes au niveau monétaire et au niveau de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao).

Certains avaient déjà commencé alors à douter d’eux. Même leur sorti spectaculaire de prison et leur victoire au premier tour reconnu par des personnalités insoupçonnées a fait réagir des personnes qui ne croyaient pas en eux. Ensuite, l’on pouvait remarquer l’absence des premiers dirigeants de l’Alliance des États du Sahel (AES) à l’investiture du nouveau président.

Au même moment, il y avait une présence remarquée du général de corps d’armée Mamady Doumbouya de la Guinée. Des dirigeants importants de la Cédéao y étaient. Alors que l’on s’attendait à une adhésion du Sénégal à l’AES, le nouveau régime affirme vouloir œuvrer pour le retour du Mali, du Burkina Faso et du Niger au sein de l’organisation sous régionale.

Ainsi, l’on pouvait comprendre les tournées menées par Bassirou Diomaye Faye au Mali et au Burkina Faso dès sa prise de fonction. Des visites rendues à des personnalités décriées de la Cédéao comme Alassane Ouattara ont été très mal vues. Et cerise sur le gâteau, Bassirou Diomaye Faye a effectué sa première visite extérieure en France, sous couvert d’une réunion sur la souveraineté vaccinale.

Cette situation, surtout le fait d’avoir accepté diner avec le président français Emmanuel Macron, a été mal vécue par les populations de l’AES, et par plusieurs Africains en général. Depuis ce moment, des attaques se multiplient entre les partisans des deux camps sur les réseaux sociaux. Sans doute que Bassirou Diomaye Faye agit dans l’intérêt des Sénégalais.

Mais, il faut être franc et reconnaitre que les pas que pose le nouveau pouvoir sénégalais ne montrent les signes d’aucune rupture avec le système françafricain en place depuis des décennies. Doit-on déjà conclure que ces deux leaders ont trompé tout le monde ?

Serge Lenoir

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