Cinéma africain : Le 1er janvier 2024 marque les 101 ans de la naissance de Ousmane Sembène

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Le 1er janvier 2024 marque les 101 ans de la naissance du père du cinéma africain.

Avant de devenir un réalisateur politiquement et socialement engagé, Ousmane Sembène a été tour à tour pêcheur, maçon, mécanicien automobile, tirailleur sénégalais, docker puis responsable syndical.

“Les problèmes qu’il dénonce sont encore d’actualité, que ce soit la corruption des élites, la mal-gouvernance, la spoliation des terres, la manière de continuer l’aliénation des populations”, affirme Maguèye Kassé, l’un des spécialistes de l’œuvre d’Ousmane Sembène.

Les premiers films d’Ousmane Sembène sont des documentaires qui abordent les problèmes sociaux et politiques de l’Afrique. Plus tard, il réalise des longs-métrages de fiction, dont certains deviennent des classiques du cinéma africain.

Au total, Ousmane Sembène a réalisé une dizaine de films, dont les plus marquants sont Borom Sarret (1963), La Noire de…(1966), Ceddo (1977).

“Son documentaire inachevé l’Empire Songhaï est une dénonciation de la négation de la vitalité des empires africains. Ou alors quand on parle de Niaye, c’est aussi le procès de la colonisation puisque dans Niaye, il y a le personnage, le militaire qui revient de la guerre complètement fou. Et donc c’est aussi une dénonciation des effets néfastes de la colonisation dans l’implication de l’Afrique dans la Première Guerre mondiale”, poursuit Maguèye Kassé.

Un militant engagé

Né au Sénégal en 1923, Ousmane Sembène a été mobilisé en 1942 par l’armée française et a intégré les tirailleurs sénégalais au sein du 6e régiment d’artillerie coloniale. Cette expérience difficile l’a profondément marquée, en le nourrissant des sentiments anticolonialistes.

Après la guerre, il a clandestinement embarqué pour la France et s’est implanté à Marseille. Là, il adhère à la CGT, confédération interprofessionnelle de syndicats français, et au Parti communiste français, où il développe des convictions marxistes et militantes.

En 1956, il publie son premier roman, “Le Docker noir”, qui relate son expérience de docker.

Peu à peu Ousmane Sembène commence à penser au cinéma pour atteindre les non-lecteurs encore très nombreux en Afrique, et pour donner une autre image de l’Afrique.

Décision d’aller en URSS

En 1959, il revient au Sénégal et fait le tour du continent africain. Deux années plus tard, Ousmane Sembène entre dans une école de cinéma à Moscou, la VGuIK.

“Le choix d’aller faire du cinéma en Union soviétique était un choix politique et idéologique et ça ne s’est pas démenti tout au long de sa production cinématographique”, indique Maguèye Kassé.

Il réalise dès 1962 son premier court-métrage Borom Sarret (Le Charretier), suivi en 1964 par Niaye qui gagnera le prix CIC du festival de court métrage de Tours et une mention spéciale au Festival international du film de Locarno.

Pour lui, le film est “un outil de protestation, mais en même temps de contestation, pour faire prendre conscience d’abord des enjeux de développement, ensuite des impasses dans lesquelles les pays africains se trouvaient et des impasses qui sont le fait de la non-volonté des pays colonisateurs de laisser les pays colonisés aller à l’indépendance”.

Ousmane Sembène “a marqué de son empreinte, c’est-à-dire, sa technique cinématographique, les procédés techniques qu’il a utilisés, le jeu de la caméra, la thématique qu’il a développée, l’intérêt que cela suscitait, les problèmes que son cinéma abordait et qui était un cinéma à la fois d’une actualité brûlante pour l’époque, c’est-à-dire traitant des problèmes auxquels l’Afrique était confronté”, résume Maguèye Kassé.

Le Papyrus_Média

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