CoP 29/Finance : Que réclame le Sud pour la période post 2025 ?

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Le bilan mondial adopté lors de la CoP 28 a estimé les besoins de financement pour l’adaptation à plus de 387 milliards par an d’ici 2030. Une étude de la Loss and damage collaboration (instance de collaboration sur les pertes et dommages) a mis en exergue que les pertes et préjudices devraient quant à elles coûter plus de 400 milliards par an après 2030.

Comme l’on peut le constater d’ors et déjà, les saisons, qu’elles soient sèches, pluvieuses, neigeuses etc… sont plus rudes, et occasionnent d’avantages de dégâts matériels et humains. Pendant ce temps, les émissions de gaz à effet de serre ne chutent pas conformément aux recommandations des scientifiques.

Les années à venir risquent donc d’être encore plus difficiles en termes de catastrophes climatiques. Il ne s’agit pas ici d’être un prophète de malheur ou non. Ce qui s’est passé cette année 2024 seulement en Afrique et dans le monde (Kenya, Togo, Côte d’Ivoire, Dubaï, la Mecque lors du pèlerinage musulman etc…) ; et ce qui se passe depuis au moins 2020, témoigne qu’il faut craindre pour l’avenir de la planète. Les humains devront sans aucun doute davantage côtoyer des évènements météorologiques extrêmes.

Il y a un nouvel objectif de financement post 2025 en cours d’élaboration. Mais « la base des contributeurs » est l’une des premières pierres d’achoppement qui ont sérieusement grippé les négociations. L’Accord de Paris prévoit que les premiers responsables du changement climatique (les pays développés) sont tenus de fournir et de mobiliser les ressources financières nécessaires aux pays les moins responsables, à savoir les pays en développement.

L’article 9 invite les pays en développement à contribuer de manière volontaire. Les États-Unis et l’Union européenne veulent remettre en cause certains points ayant fait l’objet d’un consensus dans l’Accord de Paris. Selon eux, la liste des pays qui doivent fournir des ressources financières doit refléter l’état actuel de l’économie mondiale et doit par conséquent étendre la base des contributeurs.

Mais, depuis la conclusion de cet accord jusqu’à ce jour, qu’est-ce qui a vraiment changé ? L’on se souvient qu’en 2020, l’administration de Jo Biden brandissait le retour de son pays dans l’Accord de Paris et son sauvetage comme un des importants acquis du changement de régime aux États-Unis… Qu’en ont-ils finalement fait, et qu’est-ce que l’on veut maintenant servir au monde entier ? Au moins avec une personnalité comme Donald Trump l’on sait à quoi s’en tenir, le monsieur est sans détours dans ses paroles et actions.

Il faut préciser que les pays en développement participent déjà à l’action climatique, en mobilisant des ressources financières au niveau domestique ou via des transferts d’argent Sud-Sud. Alors que les pays développés ont l’obligation de produire des rapports sur leurs financements climatiques, les efforts des pays en développement ne sont pas valorisés. Pour ne pas arranger les choses, l’Union européenne pense que les financements du secteur privé et des banques multilatérales de développement doivent être pris en compte.

Or, le secteur privé investit principalement dans des projets en matière d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre. Alors que la majorité des pays du Sud demande surtout des moyens pour l’adaptation au dérèglement climatique. Les banques multilatérales de développement, quant à elles, fournissent des prêts en grande majorité non concessionnels, aggravant la crise de la dette qui étouffe déjà les pays du Sud.

Pour leur part, les pays du Sud réclament essentiellement des financements publics, majoritairement sous forme de dons, et que les prêts utilisés soient hautement concessionnels. Les pays historiquement responsables du réchauffement climatique continuent de jouer à la politique de l’autruche. Quoi qu’il en soit, un texte prêt à être négocié à Bakou doit être déposé au mois d’octobre 2024.

Edem Dadzie

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