Report de l’élection présidentielle : Macky Sall jette son pays sur la voie de l’inconnu… !

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Samedi dernier, le président Macky Sall a annoncé samedi le report de l’élection présidentielle prévue le 25 février au Sénégal. Dans une allocution télévisée à la nation, il a expliqué sa décision en annulant la loi électorale pertinente en raison de conflits électoraux. Selon lui ces conflits pourraient attiser des troubles.

Macky Sall a annoncé la tenue d’un dialogue national pour garantir que l’élection se déroulera librement, équitablement et de manière transparente. Il a également souligné que le report n’affecterait pas sa décision de ne pas se présenter pour un troisième mandat.

“C’est une décision qui ne repose sur aucune base juridique valable; d’ailleurs, il n’invoque que l’article 42 de la Constitution qui fait de lui le garant du bon fonctionnement des institutions. Or, il se trouve que nous ne sommes pas en crise institutionnelle en ce moment. Les institutions fonctionnent bien, la justice fonctionne bien, le Conseil constitutionnel rend ses décisions, l’Assemblée nationale a créé une commission d’enquête parlementaire pour enquêter sur des cas de corruption supposés… Cela démontre que finalement les institutions de la République fonctionnent correctement. Donc il n’y avait pas lieu de prendre une décision visant à reporter une élection; et ce n’est même pas « reporter», à stopper un processus électoral en cours, alors que rien ne le justifie”, analyse Babacar Gueye est professeur de droit constitutionnel à l’université Cheikh-Anta-Diop et président du Collectif des organisations de la société civile pour les élections.

Mais la grande question reste celle du calendrier. Quand les électeurs vont-ils être convoqués à nouveau ? La coalition de Karim Wade a demandé un report de six mois dans une proposition de loi qui a de fortes chances d’être adoptée. Si cette décision doit servir à apaiser le Sénégal, elle risque aussi de créer de nouvelles divisions et plonge le pays dans l’inconnu.

Le samedi 3 février 2024, les candidats de l’opposition ont promis de continuer leur campagne et appelé à la résistance. Et peu de temps après l’annonce de Macky Sall, le ministre secrétaire général du gouvernement, Abdou Latif Coulibaly, qui est aussi le frère de l’un des juges du Conseil constitutionnel, a annoncé sa démission.

Serge Lenoir

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